2 déc. 2010

Rouge vif

Ce serait par réaction à la neige ? Noël qui approche ?

Non, quand même pas.

Plus l’hiver est là, plus les habits sont foncés. Plus on s’enfonce sous nos manteaux et on s’endort emmitouflés dans nos couettes.

C’est là que l’envie du rouge apparaît.

28 nov. 2010

De la douceur excitante d’une chatte rasée

Je prône pourtant le plus de naturel possible.
Je peux m’exciter sur tous les corps ; nus, habillés, lavés, sales, poilus, imberbes, lisses, etc.

Mais, de manière paradoxale, pour mon corps à moi, c'est une autre histoire : difficile de se sentir sexy avec un gros pull de nuit, des lunettes, une odeur de transpiration et des poils sous les bras. Alors même que cela peut m’attirer chez d’autres.

J’ai essayé, vraiment. J’ai tenté d’écrire dans différentes conditions mais, chaque fois, mon apparence inélégante (ou l’idée que je m’en faisais) m’a bloquée.

Et moi qui revendiquerais bien le foisonnement des poils par exemple, je dois avouer à mon grand regret que je me trouve beaucoup plus excitante lorsque je suis rasée.

Ou quand je me suis brossée les dents.

Quand mes cheveux sont lavés aussi.

On peut baiser dans des conditions particulières, le désir de l’autre nous permettant d’oublier de penser à des détails physiques. Mais écrire…

Devant l’ordi, les cuisses serrées sur un petit coussin, concentrée sur la moindre sensation comme sur la plus brève pensée, l’essentiel pour être excitée, c’est d’être en condition.

Si je m’imagine dans une scène, les jambes écartées, et que j’y vois mon reflet actuel avec des "défauts", la scène perd de son charme. Un sexe poilu, pas de problème, mais des poils non maîtrisés qui poussent de partout, rien de moins alléchant.

D’où l’importance du rasage au préalable. Afin d’avoir soi-même envie de glisser sa main dans le pantalon ; afin de se sentir offerte à la fouille de toutes les langues ; afin de se sentir mouiller tranquillement pendant qu’on écrit.

Des seins tendus, la peau lisse et une bonne haleine peuvent aussi améliorer le désir, mais c’est surtout la chatte qu’il faut soigner et même câliner, je dirais.

Se réchauffer, ou plutôt s’échauffer, tout simplement. Comme les sportifs avant l’effort.

Pour décrire les choses de manière réaliste, pour vivre les émotions en même temps, autant s’être préparé la chatte et le corps tout entier.

Pour mieux jouir. Pour mieux écrire.

A partir du moment où je ressens l'envie de glisser ma main entre mes cuisses et que je me sens prête à être ouverte, belle même en cet endroit, là l'excitation peut venir, l'inspiration peut monter et l'écriture suit avec plaisir.

14 nov. 2010

Moi (3/3)

Changement de décor nécessaire.

Un peu de temps écoulé pour digérer ce début si fort en émotions.

Remises en question, blocage, prises de tête… Pas si simple de s’assumer différente.

Mais l’envie est pourtant restée. Là, au fond, un peu cachée mais toujours vive.

Alors à quoi bon lutter, finalement ?

*

L’idée était de me prendre à contre-pied. Puisque tout ça me rendait un peu mal à l’aise, il fallait revenir au désir initial : le fantasme. Finalement, c’est de là que tout venait pour moi. Retrouver mon imagination, faire les choses comme je les veux, centrées sur mes envies. C’était ça, le plan. Biaiser pour mieux baiser, si l’on peut dire.

Et ce fut facile. Je savais ce que je voulais, au fond, quand j’en rêvais : je ne la voulais pas pour moi, mais pour lui. Un trio un peu différent de ce qu’on imagine le plus souvent. Non pas la lui laisser, mais la lui offrir. Tout en participant à la scène pour qu’elle soit encore plus excitante pour lui. Mais sans confondre mon désir et le sien : je n’avais pas forcément envie d’elle comme ça, l’idée n’était pas de lui offrir un spectacle lesbien ; non, plutôt de la faire entrer dans nos jeux sexuels, s’en servir comme d’une esclave, comme d’une poupée à faire jouir… Elle n’était pas le but, elle était un moyen. Et cela changeait tout pour moi.

A trop me remettre en question, j’en avais oublié qui j’étais : dans hétéro ou homo, c’est surtout le côté « sexuel » qui compte. Je suis une femme qui aime baiser et jouir en toutes circonstances ; l’important n’est pas avec qui mais plutôt comment.


*

Alors je décide de tout organiser selon ce que j’ai imaginé. Non pas que leurs désirs à eux ne comptent pas, mais que finalement ils sont plutôt ouverts à tout et n’ont ni l’un ni l’autre d’appréhension particulière, donc j’essaie juste de faire au mieux pour ne pas bloquer et leur casser leurs envies.

Elle me laisse faire. Sans jugement, sans peur, elle accepte tout. Elle est confiante. Elle aime être là, avec nous. Elle prendra tout ce qui viendra. Ce qui lui plaît, c’est de nous sentir à l’aise avec elle. Elle sait que tout va bien se passer.

Lui ne cesse de sourire. Il paraît aussi détendu qu’excité. Presque impatient.

Alors, d’un coup, j’entre en scène et l’attache sur le lit. Lui. Ce n’est sans doute pas ce à quoi il s’attendait, mais je me dis que c’est la meilleure façon de lui faire profiter de la soirée sans que tout aille trop vite.

Je reviens à elle, restée dans l’autre pièce, et lui explique. Attaché pour mieux savourer l’instant. Pour prendre le temps d’être vraiment excité. Pour lui permettre aussi à elle d’apprendre à connaître son corps à lui.

C’est la première fois. Que je joue avec lui de cette manière. Je me sens déjà excitée par le fait de décider moi-même du déroulement des choses. Elle me comprend. D’habitude, elle aime bien prendre le dessus, elle aussi, mais là, ce qui lui importe, c’est que je reprenne confiance en moi, que tout se passe comme moi, je le prévois.

Nous entrons dans la chambre toutes les deux. Il sourit mais ne fait pas vraiment le fier, les poings liés aux deux extrémités du lit. Seule la faible lumière du jour éclaire la pièce ; il y fait déjà chaud.

Je me déshabille. Sous leurs regards à tous les deux, je deviens nue d’un seul coup. Je ne m’excite pas encore, je me sens juste mieux, là, comme ça. J’ai toujours aimé mon corps et me sens plus forte d’être nue face à eux.

Je m’approche d’elle et entend soupirer mon prisonnier. Délicatement, je commence à déboutonner son chemisier. Elle ne bouge pas. Je lui enlève le tissu et découvre sa poitrine. Son soutien-gorge est rouge, sa peau blanche ressort d’autant plus. Je jette un rapide coup d’œil sur le lit, juste pour voir l’effet produit. J’espère qu’il bande déjà.

Je me faufile derrière elle, frôlant sa peau pour m’y habituer un peu. Elle est en face de lui et le regarde tout naturellement. Alors je dégrafe d’un seul coup son soutien-gorge et délivre ses deux gros seins. Pas si gros, juste tellement différents des miens ; plus larges, plus ronds, qu’on a très envie de lécher instinctivement. Elle est vraiment belle, offerte ainsi à notre désir. Je le vois qui s’excite, qui a envie d’elle, et je frémis. Ses seins m’excitent comme je ne l’imaginais pas ; je tends la main vers eux, les caresse doucement et, comme elle ferme les yeux, j’en profite pour lécher un de ses tétons. Je me sens plus trempée que jamais, nue, avec le sein d’une fille dans la bouche devant lui, attaché, qui n’en peut déjà plus.

Il nous supplie de le déshabiller. Mais je n’ai pas terminé la découverte de son corps à elle. Je veux qu’il ait encore plus envie. Je veux la lui offrir nue. Je me remets derrière elle et déboutonne son jean. Ma peau colle la sienne et je respire son odeur si agréable, si nouvelle. Mes mains font glisser lentement le pantalon le long de ses jambes, enlevant son string au passage. Elle me laisse tout faire, soulève seulement ses pieds pour s’en débarrasser.

Enflammée de la sentir complètement offerte, j’ose approcher ma main de sa toison brune et sens sa chaleur humide sous mes doigts. Elle ne bouge toujours pas et le regarde, lui, transpirant déjà d’être témoin de mon premier vrai contact avec un corps de femme.

Je lui demande alors de le déshabiller. Elle sourit et s’assoit sur le lit, nue. Ses mains expertes enlèvent rapidement le pantalon et le caleçon. Nous admirons alors son sexe long et tendu, qui semble comme nous appeler à l’aide. Elle entreprend de caresser tout son corps, excepté son sexe, justement. Et je m’approche aussi pour lui enlever son tee-shirt, en prenant bien soin de rattacher ses poignets. Sa respiration se fait plus forte ; nous sommes toutes les deux près de lui à le toucher sans qu’il puisse nous prendre ni nous caresser. Elle s’amuse de cette situation en collant de temps à autre ses seins sur sa peau et en laissant tomber ses cheveux sur son sexe.

Je la regarde faire ; ça me plaît, elle le sent. Elle me sourit de complicité, approche sa bouche de son sexe, l’entrouvre, fait mine de sortir sa langue puis se retire. Elle caresse d’une main son ventre, glisse entre les cuisses et s’y attarde en me fixant. Je sens qu’il aime ça. Il bouge, se tortille et gémit. Elle le prend à présent dans sa main et le branle. Vraiment bien, on dirait, car il adore ça.

Je l’observe toujours mais j'ai maintenant envie de participer. La scène me plaît, je pourrais rester là à les regarder, mais je me sens tellement chaude que je ne peux plus résister. Je plonge ma bouche humide vers le sexe durci et me délecte du plaisir de l’entendre gémir davantage. Sa main à elle continue à le branler tandis que je l’aspire et le suce goulument. Je sens l’odeur de ses doigts se mélanger à celle de son sexe.

J’ai envie de le détacher, mais ne suis pas sûre que ce soit le bon moment. J’ai dans l’idée de l’amener à s’empaler sur lui avant qu’il puisse utiliser à nouveau ses mains, mais en la regardant, je me dis qu’elle n’est peut-être pas assez excitée, elle. J’ai envie qu’elle soit bien trempée quand elle s’enfoncera sur lui. Alors je m’approche d’elle. De ses seins, d’abord, tellement attractifs, tellement appétissants. Leurs tétons durcissant dans ma bouche. Puis mes mains qui caressent ses fesses, ses hanches, ses cuisses et dont l’une est soudain aimantée par la chaleur de son sexe mouillé.

Elle écarte les jambes et gémit un peu. Je découvre de mes doigts les recoins de son intimité et me retrouve très vite en terrain connu, finalement. Sa chaleur m’excite, je glisse un doigt à l’intérieur et fouille. Elle aime. Elle veut que je continue et me regarde en haletant. C’est un plaisir de la voir ainsi, presque suppliante. Mon doigt toujours enfoncé en elle, je lèche le bout de ses seins. Elle tremble, je la sens prête pour lui et me tourne alors vers son sexe un peu relâché, qui ne tarde pas à grossir sous ma langue.

Elle a compris ce que je veux et s’approche de lui, elle aussi. Il bande fort et n’attend que ça. Je me fais un plaisir de tenir sa bite pendant qu’elle s’installe au-dessus et s’empale délicatement. Le moment est plus qu’excitant, j’ai l’impression de la déflorer. Elle s’enfonce jusqu’au bout en le regardant dans les yeux, tandis que je caresse ses fesses.

Puis, je profite de cet instant pour détacher ses poignets, le laisser libre de ses mouvements. Il se relève d’un coup et précipite ses mains, comme je m’y attendais, sur ses seins magnifiques. Tout en la pénétrant très fort. Elle bouge sur lui en gémissant, appuyée sur ses bras, la tête en arrière. Sans perdre le rythme, il m’approche de lui et me tiens collée à eux quelques minutes. Je vis leur plaisir, caresse leurs deux corps, lèche la pointe de son sein et l’écoute crier de plus en plus.

C'est tellement intense, nous sommes si bien tous les trois, que l'orgasme monte vite : les mains sur nos fesses, serrant nos deux corps l'un contre l'autre, sa bouche dans la mienne, sa queue bien profondément enfouie en elle, il jouit sans retenue, le sourire aux lèvres et les yeux brillants.

17 oct. 2010

Pas envie ?

Pas le temps, pas envie, pas ce matin, je pense à mon boulot, je vais être en retard.

Ne pas se sentir attirante, ne s’être pas encore douchée, n’être pas bien rasée…

La fatigue, le boulot, la nuit et le froid de l’hiver qui arrive, les règles, on a tant de raisons et de prétextes pour se désintéresser du sexe.

Le pire, c’est qu’on y croit, à ces prétextes. En toute bonne foi.

Et on se le répète mentalement : pas envie aujourd’hui, tant pis ce sera pour demain ; je suis trop crevée même pour y penser ; demain, je mettrai cette robe-là et je lui sauterai dessus ; lui non plus n’a pas l’air d’y penser, il ne me voit pas ce soir, tant mieux, je vais m’écrouler devant une série sur mon lit.

Et pourtant…

Parfois, il suffit d’un rien.

Un livre. Un livre particulièrement excitant. La Jument d’Esparbec, par exemple. Quelques lignes et déjà tout est différent, mon corps se détend et mon esprit s’ouvre (et vice versa). Nul besoin d’insister beaucoup. Prise sur le vif, j’accroche tout de suite à cette écriture crue ne laissant même pas le temps de penser. De la pure excitation immédiate. Un plaisir tellement facile. Non seulement je me sens vite trempée mais surtout la lecture de ces scénettes sexuelles dans diverses situations me donnent des idées et m’inspirent ; je n’ai pas seulement envie de me caresser mais de le faire participer, lui aussi, à mon enthousiasme tout d’un coup dynamisé.

Un vêtement. Une belle robe moulante, un décolleté avantageux. Rien qu’à se regarder dans la glace, je pense au regard des autres et je me sens belle. Je reprends confiance, je deviens forte. Et tout devient plus simple ; avec la certitude de plaire, vient l’envie d’allumer le désir chez les autres. Être séduisante m’excite vraiment.

Une image. Une jolie fille sexy, pulpeuse, comme en demande ou en attente. N’importe où ; dans un film, une série, sur Internet. Juste un reflet de cet idéal que je me suis fixé. Une image comme un signal d’alerte qui rappelle ma vraie personnalité. Une fille avec une bouche magnifique, un regard intense, une fille qui me fait réagir ; aucune raison qu’elle soit si belle et qu’elle gagne ; la fatigue ne me fera pas perdre devant elle. Parfois, rien de tel qu’une bonne comparaison pour reprendre du poil de la bête. Si elle peut le faire, moi aussi.

Du porno. Mais pas du vrai. De l’amateur plutôt. Ma souris glisse presque involontairement vers le site de You-porn et je tape quelques mots magiques sans réfléchir (two girls, anal, orgasm…). Juste comme ça, pour voir. On ne sait jamais, parfois on tombe en quelques secondes sur une scène super excitante. Parfois je cherche longtemps aussi. Mais très vite, je suis prise à cliquer dans chaque case animée, pour voir. Je sais ce que je veux. Je passe vite dès que ce n’est pas mon truc. Mais quoique je trouve, même si aucune scène ne me convient, mon corps a déjà emmagasiné assez d’excitation pour être prêt à jouir. Le secret pour jouir en trois secondes ? Quelques scènes de You-porn, je trempe mon doigt et pars au quart de tour.

Ou sinon, plus doux. Une main d’homme glissée entre les cuisses. Mais là, il faut avoir un partenaire motivé. Quoique même pas forcément. Il a juste à bien placer sa main et à remuer un peu ses doigts. Tranquillement, en continuant à lire son bouquin dans le lit par exemple. Là, faut juste me détendre et ne penser à rien. Surtout pas à la journée de boulot du lendemain. Un peu de gel peut aider, d’ailleurs. Me concentrer seulement sur la montée progressive du plaisir dans tout mon corps. Me réchauffer. M’allumer doucement. Oublier la fatigue. Oublier les faux prétextes. Et continuer avec mon propre doigt, histoire de mieux contrôler le truc. Et puis dans le but de l’exciter lui aussi. Il lit mais ne pourra pas résister tant que ça s’il m’entend soupirer à côté de lui, non ?

19 sept. 2010

Lui (2/3)

Il vit tout ça d’un autre point de vue. Il observe et tout ce qu’il voit l’excite. Nous sommes là, devant lui, toutes proches. Mais lointaines, aussi, comme dans une bulle. Il n’ose pas encore tendre la main vers nous, de peur de percer notre bulle et rompre le charme.

Alors il regarde. Il me voit peu à peu me détendre, accepter ses caresses. Il se demande si je pense à lui, à sa queue qui durcit un peu plus à chacun de nos contacts.

Il a envie de participer mais se retient. Il attend le moment idéal. L’instant est plus délicat pour moi que pour lui, il le sent. Pour que tout se passe au mieux, je dois en avoir envie autant que lui.

Elle est entreprenante mais très douce. Ses gestes sont sûrs, elle me laisse à peine le choix. Elle passe sa main dans mes cheveux, se rapproche, embrasse tendrement ma nuque et respire ma peau. Tout en faufilant sa main dans ma chemise.


Son cœur s’accélère. Il nous sent bien, toutes les deux. Son jean le gêne désormais, il est à l’étroit. Quand soudain, une petite main vient se poser naturellement sur la bosse de son pantalon. C’est sa main à elle. Tandis qu’elle effleure mes seins du bout de ses doigts, ses lèvres embrassent mon épaule dénudée et son autre main s’agite sur son jean.

La surprise de ce contact brut inattendu l’enflamme totalement. Il ne bouge pas, profite simplement de cette nouvelle sensation et continue à nous regarder. Elle poursuit son double rôle avec plaisir ; ses doigts parcourent tout mon corps et je ferme les yeux pour m’abandonner à ses caresses.

Elle tourne alors son visage vers lui et le fixe de ses grands yeux. Sans cesser d’attiser sa queue à travers son pantalon, elle se met à lécher délicatement mon bras, tout en le regardant. Et sa main déboutonne le jean peu à peu.

Sa langue toute chaude sur ma peau me fait l’effet d’un détonateur. Mon corps frissonne et mon visage se tourne alors vers le sien. Alors qu’elle le regarde et lui sourit, j’approche mes lèvres de son cou et l’embrasse tout doucement. Elle en profite alors pour prendre mon visage de ses deux mains, le tire vers le sien et pose ses lèvres sur les miennes.

Dès qu’il nous voit s’embrasser, sa queue durcit de plus belle. Il ne peut s’empêcher de la prendre dans sa main pour se branler un peu. Mais surtout, il ne résiste plus, il se rapproche de nous. Sa main s’avance vers elle et glisse sous son tee-shirt pour caresser ses seins. Elle m’embrasse toujours et colle son corps au mien, tellement que j’en viens à sentir sa main à lui, à travers le tissu.

Il est tout près. Je devine sa queue tendue à quelques centimètres de moi ; je n’ai plus qu’à tendre la main pour l’atteindre…

18 sept. 2010

Femme libérée ?

J’ai déjà tout imaginé. Positions, nombre, accessoires, lieux, situations… Tout est susceptible de m’attirer du moment que c’est libre et sans conséquence. Solo, duo, trio, orgie ; agir ou se laisser faire ; doux ou brutal ; tant que l’envie est là, rien ne me semble impossible.

Une imagination débordante. J’en rêve, j’en parle, je l’écris. Je lis tout ce que je peux trouver sur la sexualité et ses différentes pratiques. Je peux passer des heures à regarder des vidéos de cul amateurs sur internet. Et pourtant…

Lorsqu’il s’agit de transformer ces rêves en réalité, je bloque. Imaginer m’excite mais réaliser me fait peur. Peur de quoi ? Je ne sais même pas. Que ce soit moins beau que dans mes rêves, que ça ne m’excite plus tant que ça dans la pratique, que je ne puisse plus contrôler quoi que ce soit…

J’avoue que je me déçois. On dirait une allumeuse, une grande gueule, ou surtout une gamine ; à l’image de cette magnifique blonde dans American Beauty qui excite dès qu’elle peut le père de sa meilleure amie, pour finalement prendre peur quand il lui saute dessus, parce que c’est sa première fois.

Le pire, c’est de sentir qu’on est capable de beaucoup de choses sexuellement mais que ça dépend des moments, des personnes et de l’ambiance. Le pire, c’est d’avoir envie de tester plein de choses et de ne pas le faire parce qu’on attend en vain le bon moment.

J’y mets trop d’importance pour le vivre de manière légère. S’il y a un domaine dans ma vie qui me passionne, c’est bien celui-là, et j’enrage de me voir si timide au final.

La question se pose : suis-je vraiment libre ? voire même suis-je vraiment libérée ?

Comment je peux me laisser enfermer dans une sexualité routinière et confortable, moi qui me rêve en reine du X, en femme super ouverte ? Alors qu’en plus, j’ai la chance d’avoir un partenaire qui m’encourage dans cette voie, pourquoi j’en reste là ? Je n’ai que 26 ans, j’ai encore pleins d’années devant moi pour apprendre et expérimenter de nouvelles choses. Parfois, certains ont besoin d’être au pied du mur pour avancer ; en l’occurrence, pour moi, ça fait l’effet inverse, ça me bloque.

Et si je me détendais ? Et si je ne pensais qu’au plaisir que je pourrais en tirer ? Parce qu’au fond, c’est juste une question de prendre son pied, et puis changer de méthode pour y parvenir peut être aussi bénéfique. Faire entrer d’autres éléments dans ma sexualité ne peut que l’enrichir. Et si je voyais les bons côtés des choses au lieu de me focaliser sur mes peurs ?

Ce n’est pas vraiment moi, cette petite jeune fille timorée qui semble presque choquée de se retrouver confrontée à ses fantasmes. Je ne suis pas coincée.

Être effrayée de ce que je n’ai encore jamais fait ? Non, pas moi. Pas dans ce domaine-là. Moi qui avais déjà envie de sodomie alors même que j’étais encore vierge ; moi qui à 16 ans glanais toutes les infos possibles sur le sexe sans l’avoir jamais pratiqué, même pas un peu.

C’est là, sans doute, le cœur du problème : oui, je l’avoue, je suis encore vierge de pleins de choses sexuellement. Moins que d’autres, évidemment, mais tout de même vierge de beaucoup de situations excitantes. 


Je peux en rester là et considérer que j’en sais déjà assez, que je m’éclate quotidiennement dans mon couple et n’ai pas besoin de plus. C’est vrai, mais finalement, pourquoi ne pas aller encore plus au bout de moi-même ? Pourquoi ne pas continuer à creuser cette passion du sexe qui m’obsède ?

Au fond, il n’y a pas vraiment de risques. Je n’ai pas peur pour mon couple. Au pire, je découvre que ce n’est pas ce que j’imaginais, et cela rend ma perception du sexe plus lucide. 


Peut-être ne faut-il pas non plus mettre la barre trop haut... J’aime ça mais je ne suis pas non plus une reine du X.

Être libérée, ça s’apprend, aussi. 

Je suis libre, mais à quel point, puisque je me cantonne à une sexualité confortable, alors que je prône haut et fort l’ouverture, la diversité…

Et si j’essayais simplement d’être en cohérence avec ce que j’écris, ce que je dis ?

Et si je me dé-chaînais ?

9 sept. 2010

Elle (1/3)

Un jour, elle apparaît. Au moment où je m’y attends le moins, bien sûr. Alors même que je me sens un peu éloignée de tout ça. Elle arrive et bouleverse mes pensées, mes principes. D'un seul coup, je ne sais plus vraiment qui je suis. Je me découvre au lieu de me rêver. Avec tout ce que cela implique. Je ne me sens pas si fière de moi quand je suis déstabilisée comme ça.

Elle est parfaite. On ne pourrait rêver mieux. Un rêve qui devient réalité. En l’occurrence, un fantasme. Des cheveux ondulés, un corps pulpeux, un regard à la fois tendre et coquin, elle a l’air si douce que ça en devient excitant. Elle apparaît dans ma vie sans crier gare ; elle saute à pieds joints et avec le sourire dans mon quotidien, dans mon couple. Elle joue avec moi, avec lui... elle jouit de tout ça.

*

Elle arrive un peu en retard, ou bien nous en avance, je ne sais plus vraiment. On l’attend nerveusement. Je la reconnais immédiatement. Son sourire me détend. Je m’habitue à elle très vite. Sa voix et son rire lui vont parfaitement, elle a l’air d’être bien. Bien dans sa vie, bien avec nous. La situation est plutôt agréable, sans stress, juste une toute nouvelle complicité qui se forme entre nous trois.

Nous ne regardons plus l’heure, ni le temps qu’il fait. Il n’y a qu’elle. Ce petit bout de femme qui nous prend toute notre attention, tout notre désir. Le temps délie nos langues et nos corps. Mais le lieu nous gêne, désormais ; ce bar est peu intime, froid, trop bruyant à notre goût. Je pense à un parc. Nous marchons alors vers le plus proche, qui est aussi le plus beau. Bien assez grand pour que nous ne soyons pas dérangés.

Nous parlons de tout et de rien. Surtout de tout. De la manière dont elle voit les choses, de sa vie, de son passé, de ses envies. Des nôtres aussi. Parfois, de longs blancs coupent notre conversation. Mais sans gêne aucune, plutôt un long soupir languissant. Le courant passe, un lien se crée et chacun imagine la suite. Nos regards en disent long.

Comme par précaution, nous laissons de l’espace entre nous. Assis sur l’herbe, calés sur nos bras, nous regardons droit devant nous en parlant. Alors même que nous notons le moindre geste de l’un ou de l’autre.

C’est elle qui transperce la frontière invisible. Elle pose délicatement sa main sur la mienne. Je frémis, et n’entends alors plus que le battement fort de mon cœur. Elle me caresse la main tout en me parlant. Je sens ma paume devenir lourde à se clouer au sol, sous le poids de l’émotion. J'ose à peine la regarder me sourire et sens déjà mes joues s’enflammer. Je pense alors à lui, un peu en retrait, derrière, qui doit se régaler, et mon cœur reprend de plus belle. Si sa seule main me fait déjà cet effet-là, je me demande bien quelle sera la suite…

20 juin 2010

Mon orgasme vaginal

Je l’ai cherché longtemps. Je l’attends toujours, ce plaisir différent, tellement plus fort parce qu’il viendrait de l’intérieur. Cet orgasme qui « couronnerait » ma sexualité. On se dit, oui, évidemment, je n’en suis encore qu’au début de ma vie (sexuelle), pas besoin de stresser pour ça, avec la maturité viendra l’orgasme.

Il faut donc expliquer ça aux différents partenaires. Non, ce n’est pas à cause de toi. Tu vois, aucun homme ne m’a jamais permis de ressentir ça ; j’en ai été très proche, mais pas plus. J’aime faire l’amour, j’aime te sentir en moi, mais malgré ta force, pour le moment, je n’arrive pas au bout de mon plaisir si tu ne fais que me pénétrer. Mais continue, surtout, parce que j’aime ça quand même… Le prends surtout pas pour toi, c’est moi qui ne suis pas normale, pas encore…

Vient très vite cette idée qu’au moins, toute seule, je peux y arriver. Avec mon doigt. Et puis, pour satisfaire l’excitation qui me reste après l’amour, je m’exhibe devant lui un jour, fière de lui donner au moins la possibilité de me voir jouir. Il aime, évidemment. Je jouis d’autant plus fort qu’il me regarde.

Et tout naturellement, ça devient un jeu sexuel. A tous moments, je peux glisser ma main entre mes jambes et faire monter mon excitation. Lui aussi s’y attèle. Avec le doigt, avec la langue… Il est presque plus heureux de me voir jouir que de jouir en moi. Je sens qu’il se joue quelque chose, là. Je ne cherche plus à jouir quand il me pénètre, je profite simplement du moment et quand j’en ai envie, je caresse mon clitoris et fait monter la tension.

Plus ça va et moins je pense à cet orgasme vaginal tant attendu. Plus ça continue et plus je trouve des moyens de jouir encore plus, en ajoutant à mon doigt pleins de stimulations différentes (objets à introduire, doigts masculins qui creusent mon vagin ou fouillent mon anus, entres autres). Je jouis désormais de plus en plus fort, encouragée par cette précieuse force masculine qui change la donne.

Je jouis donc de partout, j’ai expérimenté mille sensations et pourtant toujours pas d’orgasme vaginal. Alors la question se pose ? Existe-t-il vraiment ?

Puisque l’organe du plaisir féminin semble être surtout le clitoris, puisque le vagin n’est pas une zone très sensible et que même le point G ne serait finalement que la partie profonde du clitoris, qu’est-ce qu’on a besoin de nous bassiner avec cet orgasme vaginal que seules 30% des femmes connaissent et qui, au fond, ne doit pas être plus fantastique que l’autre ? Que les autres, devrais-je dire, tant les orgasmes peuvent différer selon les moments et les stimulations diverses.

D’où m’est venue, si jeune, cette sensation de ne pas être totalement femme, normale, tant que je ne ressentirais pas cet orgasme vaginal ? Dire que pendant des années, j’ai culpabilisé de ne pouvoir offrir ça à l’homme que j’aimais.

Jouir de l’intérieur et grâce à sa pénétration, est-ce vraiment meilleur ? Ou bien simplement ai-je été dominée par mon romantisme gnan-gnan qui me poussait à « attendre » l’orgasme, comme j’attendais l’homme ?

Finalement, ne suis-je pas mille fois plus femme quand justement j’assume devant lui mon plaisir personnel, dont j’ai seule le secret et qui ne dépend que de moi ?