9 sept. 2010

Elle (1/3)

Un jour, elle apparaît. Au moment où je m’y attends le moins, bien sûr. Alors même que je me sens un peu éloignée de tout ça. Elle arrive et bouleverse mes pensées, mes principes. D'un seul coup, je ne sais plus vraiment qui je suis. Je me découvre au lieu de me rêver. Avec tout ce que cela implique. Je ne me sens pas si fière de moi quand je suis déstabilisée comme ça.

Elle est parfaite. On ne pourrait rêver mieux. Un rêve qui devient réalité. En l’occurrence, un fantasme. Des cheveux ondulés, un corps pulpeux, un regard à la fois tendre et coquin, elle a l’air si douce que ça en devient excitant. Elle apparaît dans ma vie sans crier gare ; elle saute à pieds joints et avec le sourire dans mon quotidien, dans mon couple. Elle joue avec moi, avec lui... elle jouit de tout ça.

*

Elle arrive un peu en retard, ou bien nous en avance, je ne sais plus vraiment. On l’attend nerveusement. Je la reconnais immédiatement. Son sourire me détend. Je m’habitue à elle très vite. Sa voix et son rire lui vont parfaitement, elle a l’air d’être bien. Bien dans sa vie, bien avec nous. La situation est plutôt agréable, sans stress, juste une toute nouvelle complicité qui se forme entre nous trois.

Nous ne regardons plus l’heure, ni le temps qu’il fait. Il n’y a qu’elle. Ce petit bout de femme qui nous prend toute notre attention, tout notre désir. Le temps délie nos langues et nos corps. Mais le lieu nous gêne, désormais ; ce bar est peu intime, froid, trop bruyant à notre goût. Je pense à un parc. Nous marchons alors vers le plus proche, qui est aussi le plus beau. Bien assez grand pour que nous ne soyons pas dérangés.

Nous parlons de tout et de rien. Surtout de tout. De la manière dont elle voit les choses, de sa vie, de son passé, de ses envies. Des nôtres aussi. Parfois, de longs blancs coupent notre conversation. Mais sans gêne aucune, plutôt un long soupir languissant. Le courant passe, un lien se crée et chacun imagine la suite. Nos regards en disent long.

Comme par précaution, nous laissons de l’espace entre nous. Assis sur l’herbe, calés sur nos bras, nous regardons droit devant nous en parlant. Alors même que nous notons le moindre geste de l’un ou de l’autre.

C’est elle qui transperce la frontière invisible. Elle pose délicatement sa main sur la mienne. Je frémis, et n’entends alors plus que le battement fort de mon cœur. Elle me caresse la main tout en me parlant. Je sens ma paume devenir lourde à se clouer au sol, sous le poids de l’émotion. J'ose à peine la regarder me sourire et sens déjà mes joues s’enflammer. Je pense alors à lui, un peu en retrait, derrière, qui doit se régaler, et mon cœur reprend de plus belle. Si sa seule main me fait déjà cet effet-là, je me demande bien quelle sera la suite…

2 commentaires:

  1. Merveilleusement bien écrit. Les sens en éveil (et plus encore) je cours lire la suite. Tu écris peu (et j'étais absent longtemps), mais dès que tes doigts s'agitent sur un clavier ce n'est que pur délice.

    RépondreSupprimer
  2. Merci, cher ami. C'est un plaisir de lire à nouveau tes commentaires qui sont toujours très encourageants.

    RépondreSupprimer