Ne serait-ce que pour vous, je serai de toute façon revenue…
Il y a quelque part au Canada, un homme qui me lit.
Qui est là, qui me suit. Depuis plus d’un an. Qui continue malgré mes silences, mon inspiration aléatoire, le peu d’articles que j’écris.
Il est le lecteur rêvé : d’abord parce qu’il lit tout (scènes sexuelles comme étalages de pensées) ensuite parce qu’il commente tout (et pas d’une seule ligne, souvent presque de petits articles qui répondent aux miens), mais surtout parce qu’il me comprend parfaitement.
Je n’aurai jamais imaginé tomber sur une sorte de pendant masculin : je ne parle pas d’une âme sœur, non, rien à voir, mais simplement quelqu’un qui semble avoir un rapport au sexe très similaire au mien : un homme qui écrit (ou écrivait tout au moins) des textes sexuels sur tout ce qui lui passe par la tête, un homme qui n’est pas seul, qui a une femme et qui a l’air très respectueux d’elle sans pour autant s’empêcher de fantasmer aussi ailleurs, un homme qui sait commenter mes articles en transcrivant toutes ses sensations, sans aller trop loin, juste ce qu’il faut pour me faire plaisir, parfois rougir, mais pas plus.
Un gentleman érotique ; une vraie plume libertine, quoi.
*
Je ne connais pas le Canada. Je ne sais pas à quoi il ressemble, mais je prends plaisir à me l’imaginer, mon lecteur préféré.
Il s’appelle Antoine mais je crois que je préfère en rester à Plume libertine qui fait plus mystérieux et surtout plus complice, finalement.
Pour moi, il habite dans une maison en bois. Un lointain cliché du Canada, sans doute. Mais une belle et grande maison pas loin d’une forêt. En bois aussi parce que c’est une matière chaleureuse ; je peux l’imaginer sans problème devant un feu de cheminée, par exemple.
Mais de sa maison, j’imagine surtout son bureau. Où se trouve son ordinateur. De son bureau, il voit par la porte le salon où restent figés les meubles du salon, un canapé, peut-être même une télé mais discrète. Et parfois, ce décor un peu sombre est traversé par sa femme.
Brune. Elle ne peut être autrement. Brune et très jolie. Très classe. Un corps parfait. Une femme indépendante et fière, mais surtout adorable. De très beaux seins, plus gros que les miens.
Je ne sais pas quel métier ils font. Ni lui ni elle. Ils sont bien occupés. Il a la possibilité d’écrire à son boulot et parfois il le fait, mais je l’imagine quand même sérieux, à un poste important peut-être. Mais de toute façon, peu importe. Il serait au chômage que ça n’en serait pas moins excitant. Elle pourrait être bibliothécaire, elle.
Il me semble évident que tout est clair entre eux. Elle connaissait son blog, quand il en avait un, elle sait qu’il écrit des commentaires sexuels sur le mien. Ou en tout cas, même si elle ne connait pas les détails de ce qu’il peut faire sur Internet, ce côté-là de lui ne la gêne pas. Il en parle souvent avec elle.
Il est plus intéressé qu’elle par tout ça. Plus obsédé mais pas dans le mauvais sens du terme. Simplement plus porté sur le sexe. Naturellement.
Elle, moins. Elle aime ça, elle aime faire l’amour avec lui et leur vie sexuelle est plutôt agréable, mais elle ne pense pas aussi souvent que lui à ça. Des centres d’intérêt différents, c’est tout. Cela ne change rien. Il ne se sent pas frustré. Ou pas trop. Il trouve des compensations, mais sans lui être infidèle.
La question d’un couple libre s’est-elle posée un jour ? Sans doute. Des envies d’autres choses exprimées elles aussi, c’est certain. Je ne sais ce qu’ils ont fait, ni ce qu'ils n'ont pas fait ; je les imagine heureux ensemble.
*
Il m’a écrit tout à l’heure.
Quelques minutes avant que je n’aille sur mon blog. Nous étions presque comme connectés. Il y a un lien fort entre nous, même s’il n’est que virtuel.
Et, surprise, non seulement il commente mon court dernier message, mais surtout il va lire un de mes anciens messages et s’en délecte, visiblement.
Non seulement lue, mais relue. Quel honneur !
C’est pourquoi il vit dans mon esprit, ce lecteur unique et précieux. Il vit et m’écrit ce qu’il ressent. Et, plus il me lit, plus il se lie à moi.
Je l’imagine devant son écran. Sourire en voyant les changements de mon blog, la nouvelle bannière, la couleur rouge. Heureux de me voir réapparaître après tout ce temps. Excité aussi par la photo de moi que j’ai mise, un peu plus sexuelle que les autres.
Je me doute que je ne dois pas être le seul blog qu’il visite. Mais je ne suis pas jalouse et au contraire, j’espère qu’il en lit d’autres, qu’il peut s’exciter sur des textes plus hards, différents, ou des photos de femmes plus crues, plus belles.
Je ne sais pas pourquoi mais depuis que je dois avoir 15 ans, l’idée qu’un mec puisse s’exciter devant son ordi en lisant ou en voyant un peu de moi me fait le plus grand effet. Allumer, faire monter le désir, imaginer la chaleur qui monte dans tout le corps, le sexe qui se tend… Rien de plus excitant pour moi.
Un vrai plaisir de faire plaisir. De pouvoir faire ressentir des émotions sans même toucher, juste avec des mots, des photos, surtout des mots, en fait.
Ecrire pour soi, ok. Mais aussi pour les autres. En l’occurrence lui, puisqu’il est là. S’il y en avait d’autres, ce serait bien aussi ; mais tant qu’il est au moins là, lui, pour me renvoyer la balle, je n’écris pas pour rien. Et c’est tellement plus jouissif d’être lue…
J'ai lu et relu certains passage. Mais c'est revenant au titre que j'ai découvert la plus belle phrase, juste cachée sous le titre. Là, crûment je vous l'avoue, je bandais ferme. Oui. Dit-il en rougissant un peu.
RépondreSupprimerComment rester insensible devant vos mots. Ils m'ont surpris... moi en tête d'article ! wow... puis fait sourire... votre façon de me voir, nous voir ma femme et moi... c'est charmant, imaginatif, un peu vrai, un peu faux... c'est pas grave, l’imaginaire doit rester ce qu'il est au risque parfois de décevoir. Et la fin ? j'approuve à 100%.
On écrit pour soi mais on se rend vite compte que l'on écrit aussi pour les autres. Sans ces personnes à quoi bon se dévoiler, se dépasser, transcrire ses envies, ses émotions...
Je prenais plus de plaisir parfois à lire les commentaires et y répondre qu'à passer des heures à écrire. Mais après j'étais à nouveau exciter à l'idée de reprendre la plume.
C'est aussi tenir un blog. L'incertitude permanente de commentaire qui ne vient pas... et qui arrive finalement à point nommer ;-)
Et quant à moi, aujourd'hui je prends un immense plaisir... plaisir jouissif aussi à vous lire ;-)
Bises
PS: Ma maison au Canada n'est plus... malheureusement. Mon travail a appelé ailleurs... moins exotique je vous le dis mais plus proche, bcq plus proche ;-)
Donc, je parle avec un parisien, peut-être, ou quelqu'un qui habite en France, tout au moins.
RépondreSupprimerJ'espère d'ailleurs que vous êtes plus provincial que parisien, ce serait plus sympathique pour vous...
Un peu vrai, un peu faux, oui, peu importe, je voulais juste vous dire comment je vous imaginais mais j'ai une imagination débordante et si vous me donnez quoi que ce soit comme détail différent, je peux vous imaginer autre. Ce que j'aime dans Internet, justement, c'est toute cette virtualité dont on peut faire ce qu'on veut, dont on peut largement s'inspirer si l'on veut...
Vous savez ce qui est étrange ? C'est qu'au fil des messages on se vouvoie ou tutoie sans vraiment de règles, selon ce qui nous vient. C'est pour dire qu'il n'y a aucune convention entre nous, aucune barrière réelle.
Tutoiement, vouvoiement... je m'en rends compte également. Je pense que c'est lié aussi au ton du sujet, à mes envies également.
RépondreSupprimerJeu du chat et de la souris... le chat avançant à pas feutrés sur sa belle et jolie proie ;-)
Et pour ce qui est des détails sur moi... votre imagination est déjà suffisamment débordante pas besoin d'en rajouter... quoique ;-) c'est si agréable à lire et si rafraîchissant :-)