19 sept. 2010

Lui (2/3)

Il vit tout ça d’un autre point de vue. Il observe et tout ce qu’il voit l’excite. Nous sommes là, devant lui, toutes proches. Mais lointaines, aussi, comme dans une bulle. Il n’ose pas encore tendre la main vers nous, de peur de percer notre bulle et rompre le charme.

Alors il regarde. Il me voit peu à peu me détendre, accepter ses caresses. Il se demande si je pense à lui, à sa queue qui durcit un peu plus à chacun de nos contacts.

Il a envie de participer mais se retient. Il attend le moment idéal. L’instant est plus délicat pour moi que pour lui, il le sent. Pour que tout se passe au mieux, je dois en avoir envie autant que lui.

Elle est entreprenante mais très douce. Ses gestes sont sûrs, elle me laisse à peine le choix. Elle passe sa main dans mes cheveux, se rapproche, embrasse tendrement ma nuque et respire ma peau. Tout en faufilant sa main dans ma chemise.


Son cœur s’accélère. Il nous sent bien, toutes les deux. Son jean le gêne désormais, il est à l’étroit. Quand soudain, une petite main vient se poser naturellement sur la bosse de son pantalon. C’est sa main à elle. Tandis qu’elle effleure mes seins du bout de ses doigts, ses lèvres embrassent mon épaule dénudée et son autre main s’agite sur son jean.

La surprise de ce contact brut inattendu l’enflamme totalement. Il ne bouge pas, profite simplement de cette nouvelle sensation et continue à nous regarder. Elle poursuit son double rôle avec plaisir ; ses doigts parcourent tout mon corps et je ferme les yeux pour m’abandonner à ses caresses.

Elle tourne alors son visage vers lui et le fixe de ses grands yeux. Sans cesser d’attiser sa queue à travers son pantalon, elle se met à lécher délicatement mon bras, tout en le regardant. Et sa main déboutonne le jean peu à peu.

Sa langue toute chaude sur ma peau me fait l’effet d’un détonateur. Mon corps frissonne et mon visage se tourne alors vers le sien. Alors qu’elle le regarde et lui sourit, j’approche mes lèvres de son cou et l’embrasse tout doucement. Elle en profite alors pour prendre mon visage de ses deux mains, le tire vers le sien et pose ses lèvres sur les miennes.

Dès qu’il nous voit s’embrasser, sa queue durcit de plus belle. Il ne peut s’empêcher de la prendre dans sa main pour se branler un peu. Mais surtout, il ne résiste plus, il se rapproche de nous. Sa main s’avance vers elle et glisse sous son tee-shirt pour caresser ses seins. Elle m’embrasse toujours et colle son corps au mien, tellement que j’en viens à sentir sa main à lui, à travers le tissu.

Il est tout près. Je devine sa queue tendue à quelques centimètres de moi ; je n’ai plus qu’à tendre la main pour l’atteindre…

18 sept. 2010

Femme libérée ?

J’ai déjà tout imaginé. Positions, nombre, accessoires, lieux, situations… Tout est susceptible de m’attirer du moment que c’est libre et sans conséquence. Solo, duo, trio, orgie ; agir ou se laisser faire ; doux ou brutal ; tant que l’envie est là, rien ne me semble impossible.

Une imagination débordante. J’en rêve, j’en parle, je l’écris. Je lis tout ce que je peux trouver sur la sexualité et ses différentes pratiques. Je peux passer des heures à regarder des vidéos de cul amateurs sur internet. Et pourtant…

Lorsqu’il s’agit de transformer ces rêves en réalité, je bloque. Imaginer m’excite mais réaliser me fait peur. Peur de quoi ? Je ne sais même pas. Que ce soit moins beau que dans mes rêves, que ça ne m’excite plus tant que ça dans la pratique, que je ne puisse plus contrôler quoi que ce soit…

J’avoue que je me déçois. On dirait une allumeuse, une grande gueule, ou surtout une gamine ; à l’image de cette magnifique blonde dans American Beauty qui excite dès qu’elle peut le père de sa meilleure amie, pour finalement prendre peur quand il lui saute dessus, parce que c’est sa première fois.

Le pire, c’est de sentir qu’on est capable de beaucoup de choses sexuellement mais que ça dépend des moments, des personnes et de l’ambiance. Le pire, c’est d’avoir envie de tester plein de choses et de ne pas le faire parce qu’on attend en vain le bon moment.

J’y mets trop d’importance pour le vivre de manière légère. S’il y a un domaine dans ma vie qui me passionne, c’est bien celui-là, et j’enrage de me voir si timide au final.

La question se pose : suis-je vraiment libre ? voire même suis-je vraiment libérée ?

Comment je peux me laisser enfermer dans une sexualité routinière et confortable, moi qui me rêve en reine du X, en femme super ouverte ? Alors qu’en plus, j’ai la chance d’avoir un partenaire qui m’encourage dans cette voie, pourquoi j’en reste là ? Je n’ai que 26 ans, j’ai encore pleins d’années devant moi pour apprendre et expérimenter de nouvelles choses. Parfois, certains ont besoin d’être au pied du mur pour avancer ; en l’occurrence, pour moi, ça fait l’effet inverse, ça me bloque.

Et si je me détendais ? Et si je ne pensais qu’au plaisir que je pourrais en tirer ? Parce qu’au fond, c’est juste une question de prendre son pied, et puis changer de méthode pour y parvenir peut être aussi bénéfique. Faire entrer d’autres éléments dans ma sexualité ne peut que l’enrichir. Et si je voyais les bons côtés des choses au lieu de me focaliser sur mes peurs ?

Ce n’est pas vraiment moi, cette petite jeune fille timorée qui semble presque choquée de se retrouver confrontée à ses fantasmes. Je ne suis pas coincée.

Être effrayée de ce que je n’ai encore jamais fait ? Non, pas moi. Pas dans ce domaine-là. Moi qui avais déjà envie de sodomie alors même que j’étais encore vierge ; moi qui à 16 ans glanais toutes les infos possibles sur le sexe sans l’avoir jamais pratiqué, même pas un peu.

C’est là, sans doute, le cœur du problème : oui, je l’avoue, je suis encore vierge de pleins de choses sexuellement. Moins que d’autres, évidemment, mais tout de même vierge de beaucoup de situations excitantes. 


Je peux en rester là et considérer que j’en sais déjà assez, que je m’éclate quotidiennement dans mon couple et n’ai pas besoin de plus. C’est vrai, mais finalement, pourquoi ne pas aller encore plus au bout de moi-même ? Pourquoi ne pas continuer à creuser cette passion du sexe qui m’obsède ?

Au fond, il n’y a pas vraiment de risques. Je n’ai pas peur pour mon couple. Au pire, je découvre que ce n’est pas ce que j’imaginais, et cela rend ma perception du sexe plus lucide. 


Peut-être ne faut-il pas non plus mettre la barre trop haut... J’aime ça mais je ne suis pas non plus une reine du X.

Être libérée, ça s’apprend, aussi. 

Je suis libre, mais à quel point, puisque je me cantonne à une sexualité confortable, alors que je prône haut et fort l’ouverture, la diversité…

Et si j’essayais simplement d’être en cohérence avec ce que j’écris, ce que je dis ?

Et si je me dé-chaînais ?

9 sept. 2010

Elle (1/3)

Un jour, elle apparaît. Au moment où je m’y attends le moins, bien sûr. Alors même que je me sens un peu éloignée de tout ça. Elle arrive et bouleverse mes pensées, mes principes. D'un seul coup, je ne sais plus vraiment qui je suis. Je me découvre au lieu de me rêver. Avec tout ce que cela implique. Je ne me sens pas si fière de moi quand je suis déstabilisée comme ça.

Elle est parfaite. On ne pourrait rêver mieux. Un rêve qui devient réalité. En l’occurrence, un fantasme. Des cheveux ondulés, un corps pulpeux, un regard à la fois tendre et coquin, elle a l’air si douce que ça en devient excitant. Elle apparaît dans ma vie sans crier gare ; elle saute à pieds joints et avec le sourire dans mon quotidien, dans mon couple. Elle joue avec moi, avec lui... elle jouit de tout ça.

*

Elle arrive un peu en retard, ou bien nous en avance, je ne sais plus vraiment. On l’attend nerveusement. Je la reconnais immédiatement. Son sourire me détend. Je m’habitue à elle très vite. Sa voix et son rire lui vont parfaitement, elle a l’air d’être bien. Bien dans sa vie, bien avec nous. La situation est plutôt agréable, sans stress, juste une toute nouvelle complicité qui se forme entre nous trois.

Nous ne regardons plus l’heure, ni le temps qu’il fait. Il n’y a qu’elle. Ce petit bout de femme qui nous prend toute notre attention, tout notre désir. Le temps délie nos langues et nos corps. Mais le lieu nous gêne, désormais ; ce bar est peu intime, froid, trop bruyant à notre goût. Je pense à un parc. Nous marchons alors vers le plus proche, qui est aussi le plus beau. Bien assez grand pour que nous ne soyons pas dérangés.

Nous parlons de tout et de rien. Surtout de tout. De la manière dont elle voit les choses, de sa vie, de son passé, de ses envies. Des nôtres aussi. Parfois, de longs blancs coupent notre conversation. Mais sans gêne aucune, plutôt un long soupir languissant. Le courant passe, un lien se crée et chacun imagine la suite. Nos regards en disent long.

Comme par précaution, nous laissons de l’espace entre nous. Assis sur l’herbe, calés sur nos bras, nous regardons droit devant nous en parlant. Alors même que nous notons le moindre geste de l’un ou de l’autre.

C’est elle qui transperce la frontière invisible. Elle pose délicatement sa main sur la mienne. Je frémis, et n’entends alors plus que le battement fort de mon cœur. Elle me caresse la main tout en me parlant. Je sens ma paume devenir lourde à se clouer au sol, sous le poids de l’émotion. J'ose à peine la regarder me sourire et sens déjà mes joues s’enflammer. Je pense alors à lui, un peu en retrait, derrière, qui doit se régaler, et mon cœur reprend de plus belle. Si sa seule main me fait déjà cet effet-là, je me demande bien quelle sera la suite…